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La voix dans tous ses éclats !

Quelques mots des compositeurs sur les œuvres commandées

MEDEA CINDERELLA pour chœur divisé en quatre groupes d’Alexandros Markeas.

Textes d’Euripide et d’Alexandros Markeas

Medea Cinderella est inspirée des écrits de Lili Zografou, romancière et essayiste grecque, qui voit dans les figures mythiques de Médée et de Cendrillon, les extrêmes d’un parcours menant au patriarcat et à la contrainte affective féminine.

La pièce est conçue comme une tragédie en miniature. Elle est construite sur la dualité des deux mythes en alternant extraits de la tragédie originale et odes chorales qui commentent le texte d’Euripide d’un point de vue actuel. Cette opposition est accentuée par un dispositif qui confie aux voix masculines et féminines des rôles différents : les hommes chantent les thrènes et les lamentations, les femmes expriment la révolte ou la résignation.

L’écriture vocale s’inspire des voix des tragédiennes, voix qui doivent "porter", couvrir la distance avec le spectateur tout en gardant une charge émotionnelle forte.

Alexandros Markeas, septembre 2010

Biographie d’Alexandros Markéas
Né en 1965 à Athènes, Alexandros Markeas étudie le piano et l’écriture musicale au Conservatoire National de Grèce. Il continue ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Il se spécialise dans la musique improvisée et la composition.
Le travail d’Alexandros Markeas est marqué par sa volonté d’interroger les mécanismes de la perception musicale. Le s musiques traditionnelles méditerranéennes sont pour lui une source d’inspiration essentielle. Il s’inspire également de différents domaines d’expression artistique, tels que l’architecture, le théâtre, et les arts plastiques (installations, événements, vidéo, web) pour chercher des alternatives au concert traditionnel et créer des situations d’écoute musicale particulières. Ses pièces sont marquées par un esprit théâtral et par l’utilisation des techniques multimédia.


NUN pour chœur divisé en cinq groupes de Caroline Marçot

Quel laps d’éternité contient un instant, nun ? Loin, là-bas ? Maintenant comme alors, cette quatorzième lettre, hébraïque autant qu’arabe, révèle une symétrie aux vertus oraculaires. Cette consonne, nue, désigne aussi bien le poisson fécond que le serpent dangereux, le nez - guide de la tête - ou toute femme dont la vie est vouée.
Cinq ensembles répondent à cette lettre multiple dans son ipséité, en cinq langues. La pascale question de l’essence de la vie face à l’âge mûr et à la mort se trouve posée dans une disposition génératrice d’une énergie dans laquelle le chœur témoigne de son antique fonction mémorielle.
Le chant - plain, choral, offert, lu et répondu - sinue entre ombre et feux.

Biographie de Caroline Marçot
Née en 1974, Caroline Marçot a été formée à l’Ecole Nationale de Musique et de Danse d’Orsay, au CNR et au Conservatoire de Paris. Elle a également suivi le cursus de musicologie de la Sorbonne. Caroline Marçot a une solide expérience de la pratique de la musique vocale : ayant d’abord fait partie de la Maîtrise de Radio-France, puis du Jeune Choeur de Paris, c’est ensuite au sein des Cris de Paris, du Choeur de chambre les éléments et du Trio Viva Lux qu’elle a poursuivi sa carrière de chanteuse. En tant que compositeur, elle écrit depuis quelques années dans une veine érudite et sensuelle pour des ensembles tels que l’Ensemble Solistes XXI (Les Jeunes Solistes), Musicatreize ou le choeur de chambre les éléments.