DIMANCHE (dimenge) 15 JUIN 2008

21h
Salle du Mouzon - Auch

Le Jazz et la Diva



Caroline Casadesus, soprano
Didier Lockwood, violon
Dimitri Naïditch, piano
Alain Sachs, mise en scène

Dans un duo-duel ébouriffant, Didier Lockwood, Caroline Casadesus accompagnés par l’éclectique pianiste Dimitri Naïditch revisitent les grandes pages du répertoire classique, des standards de jazz, en passant par la création originale et la chanson française. Alain Sachs signe la mise en scène de cette belle passion aussi amoureuse que musicale.

Note de mise en scène par Alain Sachs

Existe-t-il, pour combler nos insatiables appétits romanesques, de plus belles histoires que les histoires d’amour ? Existe-t-il, pour nous toucher au plus profond de nous-mêmes, un art plus universel que la musique ? Existe-t-il enfin, pour nous faire rêver et chavirer, plus lumineuse idée, que celle de fondre et confondre amour et musique en un seul et même spectacle ? Une idée toute simple, mais qui pour aboutir, a dû emprunter un chemin tout aussi secret qu’improbable...

Au commencement, il y eut la rencontre entre deux êtres d’exception, Caroline et Didier. Une alchimie secrète et privée entre un homme et une femme, entre deux artistes d’une absolue rareté. Elle venait du classique et lui du jazz. Elle semblait sage et lui déjà très rebelle. Une nouvelle version de La Belle et La Bête ? Ce qui est sûr, c’est que rien ne prédisposait ces deux virtuoses aux cultures antinomiques à un tel mariage des sens. Ensuite, il a fallu qu’une petite dizaine d’années de vie commune s’écoule, durant lesquelles, à chaque anniversaire de mariage, le Seigneur offrit à sa Dame une musique pour accompagner de belles paroles de notre Littérature glanées ici ou là. Ce sont des choses qui ne s’inventent pas.

Puis il y eut « hypnoses », ce flamboyant album, sans doute pour commencer à lever un certain voile… Et puis enfin, il y a très peu de temps, il y a eu cette rencontre où tous deux m’ont exprimé ce souhait qu’ils avaient de prolonger l’aventure sur scène, mais sous des formes musicales variées, impliquant selon les cas la présence ou non de Didier.

En vérité, il ne m’a guère fallu plus d’une heure pour les convaincre, que bien évidemment, je m’imaginais aucune autre formule possible que celle de les associer toujours, afin d’offrir chaque soir au public, sans aucune réserve, toutes les composantes de leur incroyable vie. Ceci afin d’en faire un spectacle digne de l’extraordinaire vibrato qui unit ces deux êtres, ces deux électrons libres au caractère aussi impétueux et fantaisiste l’un que l’autre. Devant leur enthousiasme, j’ai alors compris que seule une certaine pudeur tout à fait légitime les avait jusque là fait hésiter à franchir le dernier pas. Et aujourd’hui, j’ai donc la chance incroyable de pouvoir rêver à un très grand et beau spectacle plein de petites et grandes émotions, simples, fortes, nécessairement intimes et proches de l’épure. A commencer par le choix d’une configuration musicale qui aille à l’essentiel et à la quintessence. D’où la furieuse envie que nous avons eue de se reposer entièrement sur la fulgurance du talent de Dimitri NAIDITCH, qui avec le tempérament explosif et fougueux qu’on lui connaît, ne se contentera sûrement pas de tenir la chandelle...

Prolonger « Hypnoses » sur scène, c’est avoir le privilège de créer une dramaturgie originale pour voix, violon et piano, dans laquelle le talent et la virtuosité de chacun des trois protagonistes pourront s’exprimer, des formes les plus classiques aux improvisations de jazz les plus audacieuses. C’est enfin pour ces trois solistes d’exception, l’occasion de nous faire partager, au-delà de leur passion pour la musique, leur jubilatoire sens de l’humour et de la dérision.