
Issue d’une famille de musiciens, Giovanna Marini, diplômée en guitare classique au Conservatoire de Rome en 1959. Par la suite, elle se perfectionne avec Andres Segovia.
La rencontre au début des années soixante avec un groupe d’intellectuels, parmi lesquels Pier Paolo Pasolini, Italo Calvino et l’ethnomusicologue Diego Carpitella, bouleverse sa vie. Elle s’engage alors politiquement et se détourne de la musique classique pour revenir à des sources plus traditionnelles.
Au sein de «Il Nuovo Canzoniere Italiano» et de l’Institut Ernesto De Martino, Giovanna Marini entreprend la collecte des chants de tradition orale et une recherche sur ces chants et la culture populaire. Elle les transcrit, les étudie et invente un système de notation. Son travail de transcription puis d’adaptation lui permetteront ensuite de transposer la mémoire chantée pour la scène.
En 1965, tout en poursuivant ses recherches musicales et son engagement dans les spectacles du «Nuovo Canzoniere», comme «Bella Ciao» ou le «Ci ragiono e canto» de Dario Fo, elle commence à composer de «longues ballades» qu’elle interprète seule sur scène s’accompagnant à la guitare : de «Vi parlo dell’America» en 1965 à «L’eroe» en 1974.
En 1974, avec un groupe de musiciens, elle fonde l’Ecole Populaire de Musique de Testaccio à Rome, où elle enseigne l’ethnomusicologie appliquée au chant de tradition orale. Elle écrira pour les musiciens de l’école notamment l’opéra «Le Cadeau de l’Empereur» et l’oratorio «La déclaration des Droits de l’Homme».
Par la suite, elle a enseigné en qualité de professeur extraordinaire en ethnomusicologie appliquée à l’Université de Paris VIII–Saint Denis (de 1991 à 2000). Avec ses élèves de Rome et de Saint-Denis, elle a réalisé à ce jour une dizaine de voyages d’étude pour écouter et enregistrer des musiques de tradition orale lors de fêtes religieuses ou profanes en Italie.
Elle crée en 1976, le Quatuor Vocal pour lequel elle écrit, depuis lors, les «cantates» (de «Correvano coi Carri» aux récentes «Si bémol» ou «La cantate du Siècle court» présentée au Théâtre Vidy-Lausanne en 2001) et avec lesquelles elle se produit en concert en Italie et à l’étranger.
Les concerts que donne aujourd’hui Giovanna Marini avec son Quatuor Vocal sont l’aboutissement de toutes ses expériences musicales : recherche sur les chants de tradition orale, enseignement, composition instrumentale et vocale, écriture individuelle et collective.
Son intense activité musicale l’a amenée à composer également pour le cinéma, notamment pour des metteurs en scène comme Loy, Maselli, Pietrangeli ou Gianikian; pour le théâtre, dont de nombreuses tragédies grecques : des «Troyennes» de Thierry Salmon à «Coefore» de Elio De Capitani ou «Antigone» de Hansgünter Heyme; ainsi que pour la danse contemporaine comme «Animarrovescio» de la chorégraphe Adriana Borriello.
En outre elle compose de nombreux oratorios, poèmes symphoniques et opéras, dont «Pour Pier Paolo», «Requiem», «Concerto per Leopardi» et «La Bague Magique» (pour la mise en scène de Jean-Claude Berutti à l’Opéra de Nancy et au Théâtre du Peuple de Bussang en 1999).
Depuis l’année 2000, elle n’enseigne plus à l’Université de Saint-Denis et s’est consacrée à la composition de morceaux pour orchestre et voix pour ballets, productions du Festival de Polverigi.
En 2003, à sa troisième composition avec la choréographe Adriana Borriello, l’année passée elle a travaillé avec la choréographe Laura Corradi, pour le Théâtre Pergolesi de Jesi.
Elle a écrit «La Cantate du siècle court», production de Vidy, qui a tourné et tourne encore en France, Suisse, Espagne et Italie.
Elle a écrit pour le cinéma : Yervant Giannikian –Angela Ricci Lucchi, avec qui elle collabore encore pour un dernier film. Elle continue à donner des stages et à enseigner à l’Ecole de Testaccio de Rome. |