PROGRAMME
Daignan de Sendat « In Convertendo »
André Campra « Jubilate Deo » « Ecce quam bonum »
Jean Jacques Dalmayrac « Diligam te Domine »
Salomon « Magnificat »
Michel-Richard Delalande « Exultate justi »
Les oeuvres de ce programme mettent en valeur le très riche patrimoine musical Gascon, et plus largement du midi de la France, en puisant dans les pièces inédites du manuscrit Lavergne augmenté des motets du très intéressant « homme du pays » : le chanoine Daignan du Sendat. Autour d’œuvres de Campra et Delalande, les motets de Dalmayrac et Salomon viennent compléter les splendeurs de la musique vocale et instrumentale du XVIIIème siècle français.
Le grand motet est la forme par excellence de la musique sacrée française du XVIIIe siècle. Dans le sillage du maître incontesté de cette forme qu’est Michel Richard de Lalande, nombre de compositeurs mettent en musique les psaumes de la bible. Il n’est pas de grande célébration, de par le royaume de France, sans grand motet. Toutes les collégiales et cathédrales résonnent de leurs accents majestueux, où les voix des solistes s’unissent à celles du chœur, soutenues par un petit ensemble instrumental. Chaque maître de musique, à la tête de la chapelle de sa cathédrale, est tenu de composer pour toutes les grandes célébrations, et ces grandes manifestations sont nombreuses : fêtes religieuses, évènements touchant à la vie de la famille royale, victoires des armées...
Les villes se parent de décorations, les processions sillonnent les rues, les façades s’illuminent de mille feux, le vacarme est assourdissant : les cloches sonnent à toutes volées, on tire le canon… La fête est partout, dans toute la ville. À l’intérieur de la cathédrale, la maîtrise au grand complet, renforcée par la venue de musiciens extérieurs, s’installe sur les tribunes : dirigée par le maître, elle donne à entendre, par sa voix, la parole divine mise en musique. Tous ont à cœur de rehausser la splendeur des cérémonies en leur donnant la majesté et la dignité requises.
« Les paroles que l’on met en musique, ont toujours une certaine expression, soit triste, soit gaye, que l’on ne peut se dispenser de rendue, tant par le Chant & par l’harmonie, que par le mouvement ; & tel qui ne prend point de paroles pour guide, s’imagine toujours un sujet qui le tient à peu près dans le même esclavage.» Jean-Philippe RAMEAU, Traité de l’harmonie 1722