Stabat Mater de Pergolèse

« SINFONIA AL SANTO SEPOLCRO » D’ANTONIO VIVALDI

Cette courte pièce dont la forme s’apparente plutôt à une sonate, fait partie de l’immense corpus des pièces instrumentales que le célèbre prêtre roux a composées pour des circonstances précises, notamment religieuses. (Ici, il s’agit de l’évocation du Saint-Sépulcre, le plus ancien sanctuaire chrétien de Jérusalem, bâti à l’emplacement supposé du tombeau du Christ).

Elle est écrite en deux parties : la première lente et douloureuse (adagio molto) symbolise vraisemblablement la descente du Christ de la Croix, et la deuxième, plus animée (allegro ma poco), dont le caractère pesant et les chromatismes expressifs illustrent le cheminement vers le tombeau.

Il s’agit d’une des pièces les plus étonnantes et les plus profondes de Vivaldi.

Le Salve Regina et le Stabat Mater interprétés ici sont consacrées à la Vierge. À l’exception des quelques mots écrits par saint Jean signalant la présence de Marie au pied de la Croix, nous ne connaissons presque rien de la relation de Jésus avec sa mère. L’idée de la « mère miséricordieuse » naît au IV e siècle en même temps que se développe une certaine conception de la féminité. Au Moyen-Âge, une partie des chrétiens commence à associer la dévotion pour les douleurs de Marie à la dévotion pour la Croix et les plaies du Christ : la présence de la Vierge au pied de la Croix prouverait sa coopération à la rédemption du monde. Stabat! Elle était debout, immolant son fils pour toute l’humanité. À ce titre, Marie se fait co-rédemptrice du genre humain. Elle met son omnipotence au service des pêcheurs et intercède auprès de Jésus en leur faveur. Le culte que les catholiques lui rendent est une vision atténuée du culte au Christ. Culte de vénération, de gratitude, d’amour et d’invocation, il est marqué par des fêtes exceptionnelles (l’Annonciation, l’Assomption) et des pratiques quotidiennes.

Le Salve Regina, longtemps chanté à la fin des complies, est la dernière et la plus connue des quatre antiennes latines dédiées à la Vierge.

Le texte du Stabat Mater est, quant à lui, attribué au franciscain Jacopone da Todi, mort en 1306. Il se compose de vingt strophes, chacune comprenant trois vers. Le Stabat exalte le sentiment de compassion du chrétien devant la Vierge souffrant au pied de la Croix.